Pourquoi mes revenus publicitaires baissent : 4 pistes à vérifier

Baisse de revenus publicitaires, comment l'expliquer ?

Si vous éditez des sites web et que vous vivez de la publicité, vous suivez vos chiffres tous les jours. Certains jours, il y a de belles surprises ; d'autres, la courbe descend semaine après semaine sans raison apparente. Quand vos revenus publicitaires baissent lentement, la cause tient presque toujours à l'une de ces quatre pistes : le marché publicitaire paie moins cher pour tout le monde, votre trafic recule (souvent à cause de la saison), chaque visiteur vous rapporte moins (EPMV ou RPM en baisse), ou votre bandeau de consentement coûte des visites et des annonces personnalisées. Voici comment je vérifie chacune, dans l'ordre, avant de m'inquiéter.

J'ai d'abord écrit cet article en octobre 2020 à partir de mes sites monétisés avec la régie Ezoic, d'où les captures de cette période. La méthode vaut aussi pour AdSense, et je l'ai mise à jour en octobre 2026.

Baisse lente ou chute brutale : deux problèmes différents

Avant de chercher, regardez la forme de la courbe. Une chute du jour au lendemain, avec des gains divisés par deux ou presque nuls, fait penser à un problème technique ou à un avertissement de la régie : annonces désactivées pour non respect du règlement, code publicitaire qui ne s'affiche plus après une mise à jour du thème, fichier ads.txt cassé. J'ai raconté un cas de ce genre, avec les vérifications à faire dans AdSense (CTR, RPM, CPC, centre d'informations sur les règles), dans mon article sur la chute brutale de revenu AdSense.

Ici, je parle de l'autre cas : une baisse de revenus publicitaires progressive, qui s'installe sur plusieurs semaines. Elle a rarement une cause unique, et il faut la lire sur une période assez longue. Comparez donc plusieurs semaines entre elles, et la même période d'une année sur l'autre, plutôt que deux jours isolés.

Repérer quelle métrique baisse avec ses revenus

La première question à se poser : qu'est-ce qui baisse en même temps que l'argent ? L'aide AdSense propose une grille simple dans sa page Résoudre les problèmes courants liés aux revenus AdSense. Elle recommande de vérifier les métriques dans cet ordre : pages vues, couverture, puis impressions. Je la résume ici, la logique vaut aussi pour les autres régies.

Ce qui baisseCe qui reste stableCause probable selon Google
Revenus et pages vuesRienMoins de visiteurs sur le site
Revenus et couverture des annoncesPages vuesLimite de diffusion, problème de fichier ads.txt, non respect des règles ou erreurs du robot d'exploration
Revenus et impressionsPages vues et couvertureAnnonces mal implémentées, ou emplacements et formats peu performants

Si c'est la couverture qui recule, pensez notamment au fichier ads.txt : j'explique comment paramétrer son fichier ads.txt avec adstxtmanager. Si les pages vues, la couverture et les impressions tiennent, mais que les revenus baissent quand même, c'est le prix des annonces qui a changé : on passe aux causes ci-dessous.

Les indicateurs à connaître pour comprendre une baisse

Quelques définitions sont nécessaires pour la suite.

Ads rate : c'est le taux des annonces en ligne. En quelque sorte, il vous dit si des annonceurs sont prêts à payer, et combien, pour afficher de la publicité sur votre site.

EPMV (earnings per thousand visitors) : c'est la métrique d'Ezoic qui donne le revenu pour 1 000 visiteurs. Selon l'aide d'Ezoic, on la calcule en divisant les gains totaux par le nombre de visiteurs, en milliers. Elle mesure la valeur d'une visite entière, quel que soit le nombre de pages vues.

RPM : c'est le revenu pour 1 000 pages vues, la métrique qu'on suit dans AdSense. Ezoic lui reproche de pouvoir monter quand on ajoute des annonces, alors même que les visiteurs partent plus vite et que la visite rapporte moins au total.

Cause 1 : le marché publicitaire baisse pour tout le monde

Ce qu'on se demande immédiatement quand on analyse ses revenus publicitaires, c'est « est-ce que ça baisse pour tout le monde ou juste pour moi ? »

Comme pour la bourse, il existe un indice des prix publicitaires qui évolue selon la conjoncture. Ezoic publie le sien : The Online Ad Revenue Index. En octobre 2026, la page présente un indice de 1 à 100, calculé à partir de l'EPMV réalisé par les sites de toutes les thématiques. Une hausse ou une baisse de l'indice indique dans quel sens évoluent les gains des éditeurs.

Quand j'ai consulté cet indice en octobre 2020 en choisissant la France, j'ai constaté une baisse générale (point 3 sur le graphique ci-dessous). Et ça, c'était indépendant de mon site, d'une perte de position dans les SERP ou de la saisonnalité : c'était la fluctuation du marché des publicités.

Indice des revenus publicitaires Ezoic pour la France, capture d'octobre 2020

Le point 2, c'est la période du premier confinement, le point 1, la même période l'année précédente. Et le gros pic entre les deux, c'est tout simplement le Black Friday.

Ce qui est intéressant, c'est de comparer par grande période. La baisse de revenus s'explique alors d'abord par une baisse des ventes de publicité. Grossièrement, moins d'annonceurs achètent de l'espace, donc vous avez moins d'annonces à afficher, et comme la demande baisse, la publicité coûte moins cher : vous touchez moins. Cela peut venir d'une période sans visibilité pour les annonceurs (en 2020, les menaces de nouveau confinement), de la fin d'un semestre, etc.

Sur cette cause, vous ne pouvez pas faire grand-chose, sinon le vérifier pour arrêter de chercher un problème sur votre site.

Cause 2 : moins de visites et de pages vues, souvent à cause de la saison

À EPMV identique, c'est mécanique : moins de visiteurs, moins de revenus publicitaires. En octobre 2020, en regardant sur Google Analytics puis directement sur mon interface analytics d'Ezoic, j'ai constaté une baisse significative de trafic.

Baisse du trafic et des revenus publicitaires dans l'interface Ezoic, octobre 2020

Ce n'était pas une chute brutale liée à une pénalité SEO, mais tout simplement le changement de saison. La plupart de mes sites parlent de randonnée : le début de l'hiver est la période creuse, en trafic comme en revenus publicitaires.

Pour faire la différence entre une saison creuse et une vraie perte de positions, comparez avec la même période de l'année précédente, puis regardez l'intérêt pour vos sujets dans Google Trends. Si la courbe de recherche baisse au même moment chaque année, c'est la saisonnalité. Si vos visites baissent alors que la demande se maintient, c'est votre référencement qu'il faut examiner.

Cause 3 : chaque visiteur vous rapporte moins (EPMV en baisse)

L'EPMV, c'est le revenu pour 1 000 visiteurs. Vous pouvez très bien avoir une hausse de trafic et une baisse de revenus publicitaires si votre EPMV chute. En octobre 2020, j'avais l'inverse : une baisse de trafic, que j'expliquais par la tendance de mes thématiques sur l'ensemble de mes sites, mais une hausse de l'EPMV. Moins de visiteurs, mais un gain plus important pour 1 000.

Évolution de l'EPMV et du taux des annonces dans Ezoic, octobre 2020

Si votre EPMV baisse, Ezoic liste dans son aide les facteurs qui le font varier :

  • l'engagement des visiteurs : taux de rebond et nombre de pages vues par visite ;
  • la qualité du trafic : sources de trafic et pays des visiteurs ;
  • la technique : vitesse de connexion et taille d'écran des appareils ;
  • le marché : heure de la journée et paramètres des enchères en temps réel ;
  • la configuration des annonces : densité, types et emplacements.

Les trois premiers points dépendent en partie de vous. Une nouvelle source de trafic dont les visiteurs repartent après une page, ou un public qui change de pays ou d'appareil, et l'EPMV peut reculer sans que le marché ait bougé.

Cause 4 : le bandeau de consentement (CMP) et le RGPD

CMP signifie « Consent Management Platform ». C'est une plateforme qui collecte et restitue l'accord donné par l'internaute pour la navigation sur un site. Selon Définitions Marketing, « une CMP gère donc les procédures de collecte d'autorisations, celles d'accès aux données, mais également la problématique de la preuve ».

Pour un site qui affiche de la publicité, ce n'est plus une option. Depuis le 16 janvier 2024, Google exige une CMP certifiée et intégrée au TCF pour diffuser des annonces personnalisées aux internautes de l'Espace économique européen et du Royaume-Uni, et depuis le 31 juillet 2024 en Suisse. Selon l'aide AdSense, seul le trafic passé par une CMP certifiée est éligible aux annonces personnalisées ; le reste peut au mieux recevoir des annonces non personnalisées ou limitées.

Le bandeau a deux effets possibles sur vos revenus. D'abord, certains internautes quittent le site plutôt que de répondre au bandeau, donc moins de pages vues. Ensuite, les visiteurs qui refusent, ou un bandeau mal paramétré, réduisent la part d'annonces personnalisées. Après un changement de CMP ou de réglages, surveillez vos revenus de près pendant quelques semaines.

Bandeau de consentement aux cookies (CMP) affiché sur un site, RGPD

Ezoic en 2026 : ce qui a changé pour les petits sites

Si vous lisez cet article pour comparer Ezoic et AdSense, un point a changé depuis mon test. Ezoic demande désormais aux nouveaux sites une audience minimale de 250 000 utilisateurs par mois, d'après sa page d'aide sur les conditions d'accès. Les sites qui utilisaient déjà Ezoic avant le 18 février 2026 ne sont pas concernés. En dessous du seuil, il reste le programme Incubator, qui ne retient que 20 sites ou applications par mois. Pour un petit site, l'alternative reste AdSense : mon guide AdSense explique comment l'intégrer.

Ce que je retiens quand mes revenus publicitaires baissent

Si vous avez vérifié que vous n'avez subi ni pénalité ni coupure sur vos sites, et que la grille de Google ne pointe pas un problème technique, creusez dans votre interface Ezoic ou AdSense dans cet ordre : le marché, le trafic et la saison, la valeur par visiteur, puis le consentement. Le plus souvent, malheureusement, vous ne pourrez pas y faire grand-chose à part comprendre et attendre. Mais comprendre évite de casser un site qui va bien en changeant tout au mauvais moment.

Jérémy Vaucher

Consultant SEO en Haute-Savoie. Référencement naturel, audit et formation SEO depuis Taninges, sur la vallée de l’Arve, Annecy, le Genevois et à distance.

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