Diagonale des fous 2015

Merci aux amis, à la famille et tous les proches qui ont participé à ce cadeau pour mes 30 ans. En juin 2012, j’ai ouvert une belle boîte dans laquelle il y avait de quoi me payer le voyage et l’inscription pour la Diagonale des Fous. Samedi 24 octobre 2015, j’ai franchi la ligne d’arrivée (comme j’ai pu) de cette belle aventure sur l’Ile de la Réunion, voici un résumé en images

Edit avril 2016 : le récit détaille l’aventure telle que je l’ai vécu. J’ai aussi créé un mini-site web pour partager mon expérience et vous aider à bien préparer sa Diagonale des Fous

De Saint Pierre (départ) à Mare à Boue

Difficile de dormir la nuit qui précède et encore plus compliqué de faire la sieste quelques heures avant. Il faut dire que j’attends ce jour depuis que je suis gamin, je ne tiens plus en place. Je retrouve Rémi à l’entrée du SAS de contrôle matériel : frontale, vétement chaud et anti-pluie, couverture et trousse de pharma, tout est là. Un bisou, un chat-bite et nous entrons dans le SAS départ pour 3 longues heures d’attente. Bien placés sur la ligne de départ, nous profitons des concerts (FJ powaaa) mais la pluie qui vient s’en mêler pour la dernière heure.

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A 22h, le départ est donné avec un feu d’artifice et une ambiance incroyable. 200m après le départ, mon sac s’ouvre et je renverse toutes mes affaires sur la route. Départ serein comme je les aime. Sur 4km, les bords de route sont animés par une marée humaine, les gens te tapent dans les mains et t’encouragent par ton prénom. Au kilomètre 10, c’est digne d’une arrivée de tour de France en haut d’un col, on passe en file indienne au milieu de houraa et de tapes dans le dos. Je réalise cette fois que j’y suis et qu’il ne reste plus que 155 km !

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Je perds Rémi dans la montée mais je trouve mon allure. Cette première partie n’est qu’une interminable montée de 40km qui passe plutôt bien. A chaque ravitaillement, je prends 2 minutes pour bien manger car je sais que je ne pourrai pas compter sur mes réserves. Le jour se lève quand j’arrive à Piton Textor, c’est quand même plus joli qu’un levé de brouillard épais dans le plateau picard ! Il reste 6 km avant de retrouver mon assistante à Mare à Boue. Sur cette section, je crois avoir une première hallucination en voyant un coureur se prendre une pipe de crack. Mais non, je suis toujours lucide, la fumée qui sort de ses oreilles et sa quinte de toux me confirme qu’il ne vient pas de tuter un yop !

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Entre Mare à Boue et Cilaos

Le ventre plein de lentilles, je repars de Mare à Boue à un bon rythme. La montée vers le Kervéguen au km 60 est un peu humide mais la vue est superbe. Je regrette de ne pas avoir chargé la GoPRO dans le sac à dos ! Descente technique vers Cilaos : 1000m de dénivelé en 2km, on descend fissa à coup d’échelles et de lacets très serrés.

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Je laisse les gazelles créoles me déboiter, certains sont impressionnants !! Avec mes jambes musclées comme un faucheux, je peux pas test’, je sais que je comblerai l’écart plus tard en montée. A Cilaos, ma tante et mon oncle m’attendent pour le ravitaillement.

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Mafate…

C’est en pleine forme que je quitte Cilaos. J’avale le Taibit 4 à 4 puis je dévale sur Marla avec un coureur réunionnais. Nous avons le même âge, le même rythme, les mêmes baskets et le même plan d’attaque : arriver frais à l’entrée du sentier Scout pour traverser Mafate. Au col de Boeufs, je retrouve la famille avant d’attaquer la 2e nuit. Ils ont réussi à monter sur leur dos un réchaud et une platrée de riz cantonnée. Trop excité, je n’arrive pas à dormir, c’est vers 18h30 que je repars pour Mafate en direction d’Ilet à Malheur.

Traversant Mafate de nuit, je n’ai aucune photo, pourtant le cirque est impressionnant. Sur le sentier scout, j’ai souvenir de ce chemin en crête avec le vide des deux cotés. Un peu plus loin, le sentier est à flan de paroi. Plus que jamais je reste concentré en pensant que faire une chute à cet endroit serait vraiment une mauvaise idée.

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Au fond du cirque de Mafate, on traverse à gué au niveau de la cascade puis on remonte sur Roche plate (1000m de D+) et de là, on attaquera le Maido (1000m de D+ de nouveau). Dans la montée vers Roche Plate, j’ai des hallucinations gentillettes. Chez moi, pas d’éléphant rose ni de démon : je voyais simplement bouger les cailloux. La forme des rochers me faisait assez facilement penser à de grosses peluches, les lychens dessus formant la bouche et les yeux. Un peu plus loin, j’ai vu une forme épaisse sur le coté et croyant que c’était un homme dans un sac de couchage, je me suis allongé à coté de lui en lui disant « tu as bien raison mon gars, j’vais faire pareil 2 minutes ».

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Arrivé à Roche Plate (milieu de la seconde nuit), je retrouve Yannick pour la montée du Maido (km120). Il est 4h30 quand nous basculons au sommet. Malgré l’heure tardive, il y a foule. Psychologiquement la course est presque finie, pourtant il reste encore 1/4 du parcours !

Entre Maido et l’arrivée

Du levé du jour jusqu’à Possession, j’étais moins dedans. Il faut dire qu’on quitte la montagne et que les sentiers vers Possession sont quand même moins jolis. Je n’arrive plus à m’alimenter correctement mais j’avance. A Possesion, je retrouve Lucie, ma cousine, Joel et Patrick. Je repars en pensant à la dernière ligne droite.

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L’arrivée s’est avérée un peu plus compliquée. Il s’est mis à pleuvoir sur le chemin des Anglais, ce qui n’est pas déplaisant en soi ( ce sentier est une vraie fournaise sous le soleil). Mais étant mouillé (et un peu fatigué), j’ai oublié de boire (et je n’en ai pas éprouvé le besoin). Je passe au Colorado avec le sourire et une lucidité certaine mais à 1km de l’arrivée je tombe. Un local me relève et m’encourage à descendre, sans jamais cesser de me stimuler. Je marche à coté de lui comme un zombie, ne sachant ni ce que je fais là, ni pourquoi je suis dans cet état. J’entre dans le stade sur mes deux pieds mais je finis la soirée sur les oreilles, les 4 fers en l’air. Belle déshydratation, arrivée sereine comme je les aime.

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Conclusion

Je terminerai donc la course en 45 heures et 46 minutes, objectif atteint puisque l’idée était d’aller au bout. Peut être grâce au bisou magique de Rémi (qui aura fait une super course), plus certainement grâce à mes assistants qui m’ont chouchouté. Ici une aide pour les assistants sur la Diagonale, pour planifier l’itinéraire d’un point à l’autre et organiser les ravitaillements.

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Je garderai un excellent souvenir de ce premier ultra-trail. C’est une distance qui me plaît et j’ai appris de mes erreurs de débutants (arrêter de boire sur la fin, ne pas dormir) Les paysages sont magnifiques et les conditions de course sont étonnantes : la nuit, c’est l’hiver tandis que la journée on peut passer du 1er novembre au 15 août en 10 minutes. Par contre, j’ai mal au coeur de voir l’état des sentiers après 500 coureurs (papiers, emballages de médicaments). Jeter par terre, c’est tellement incompatible avec le sport de nature… Qu’en est il après 2700 coureurs ? C’est comme ça sur tous les trails ?

Grand coup de chapeau aux bénévoles qui savent nous choyer sur les ravitaillements. Certains sont capables de t’attendre à l’entrée du SAS et de faire de l’accueil personnalisé (« Hey Jérémy, comment vas tu ? Tu veux de la soupe ? Te reposer… »). Ambiance et générosité aussi en traversant les villages, je pense par exemple à Possession où des familles avaient improvisé des ravito-maison pour te rafraichir au jet d’eau ou te servir un coca.

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  1. - Jérémy Vaucher

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