Raid Gallaecia 2019, premier ARWS

Le premier ARWS* dans la vie d’un raideur, c’est un peu comme sa première fois en vélo, sans les roulettes ! C’est dur de franchir le cap mais au final c’est beaucoup d’émotions et une forte envie de réeessayer ! C’est une sérieuse charge d’adrénaline aussi ! Retour en quelques mots sur cette aventure de 110 heures en Galice sur le raid Gallaecia !

FINISH

Je ne reviendrai pas ici sur le récit de l’aventure, sur les captures d’écran car nous avons déjà tout résumé ici ->
https://adeorun.com/blog/news/raid-gallicea Cette page était support pour le suivi animé par Rémi pendant notre course, vous y trouverez tout le compte rendu de l’équipe (de gauche à droite, Judi, Annick, Jérémy et Yannick)

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Fesses, pieds, dos : le corps s’adapte….

Ce qui m’a marqué pendant cette épreuve, c’est comment le corps et l’esprit sont capables de s’adapter à l’environnement ! Quelque chose qui peut sembler complètement démesuré au final passe bien, quand on y va point par point, sans trop réfléchir à ce qu’il reste à accomplir ! On ne se motive plus en terme de « kilomètres avant l’arrivée » comme sur une course classique mais en micro section, ou en interbalise. Chaque balise est une victoire, chaque levé de soleil est une récompense !

Autre exemple : après 24h, le sac sur le dos commence à se faire sentir (autour de 6 ou 7 kg pour nous). Mais après 4 jours d’effort, je l’ai complètement occulté, certains de l’équipe aussi. Ce n’est plus une souffrance, mais une partie de nous ! On l’oublie !

Un autre exemple : les fesses sur la selle. Je ne suis pas cycliste à la base, une de mes craintes c’était de ne pas supporter la selle 30 heures d’affilée. Il y avait peu de sections de D+ où tout pouvait se monter, on passait son temps à monter et descendre de la selle. Nous avons pris soin de régulièrement se noker les fesses et les boulettes : même crème que pour les pieds, même efficacité, aucun souci à déclarer !

Les pieds, parlons-en. Dès la première heure de trek, nous avons traversé une rivière. Mais nous avons pris soin de nos pieds. Les ampoules étaient inévitables avec les portages et les chaussures de VTT au pied, mais en soignant nos pieds en allant (NOK et compeed avec que l’ampoule ne devienne trop grosse), nous avons pu franchir la ligne d’arrivée sans trop souffrir !

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Le soleil : on a pas été très malin en oubliant de mettre de la crème solaire le premier jour, quelle erreur ! On a tous chopé des steaks derrières les cuisses et sur les bras. Dès le deuxième jour, on s’est tartiné de Tingerlaat. On vous recommande vraiment cette crème, une seule application par jour : la crème solaire Tingerlaat

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Le sommeil

On a tous eu des besoins de sommeil, et avec l’expérience de ce raid, nous ne referons plus pareil. Nous nous arrêtions une heure, mais en cherchant « l’endroit parfait ». Au final, le temps de trouver un « bon endroit » (une grange, un abris), la phase de besoin de sommeil était déjà passée. Au lieu de chercher à nous arrêter une heure à un bon endroit, il aurait mieux fallu s’arrêter là où le besoin de dormir devenait pressant, quite à ne s’arrêter que 15 ou 20 min pour ne pas attraper froid. Nous aurions pu aussi faire des pauses plus longues de 1 à 2 heures dans les PC (en général abrités).

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A choisir aussi, je ne reprendrai pas le sac de couchage survie de Décathlon. 8 euros mais une horreur (très rapide à chauffer mais pas aéré, on transpire à grosse goutte dedans). Le dernier jour, nous avions embarqué notre duvet dans le sac, ce qui nous a permis de faire une « vraie pause récupératrice » d’une heure dans une pâture, sans attraper froid. Par contre, il faudra qu’on investisse dans un duvet plus léger (800 grammes le mien, un peu trop volumineux dans le sac)

L’heure fatidique pour nous, c’était entre 5h et 6h du matin (les plus gros coups de mou ou les plus grosses erreurs d’orientation). C’est incroyable de voir par contre comment agit l’effet d’un lever de soleil sur notre corps !

Le besoin de sommeil le plus violent pour moi était a la fin de la seconde nuit, sur le kayak ! C’est très dur de rester assis sans piquer du nez !

Hallucinations ?

Pas pour moi, je ne pense pas non plus pour mes camarades de course. On a bien sûr des « phases de phase » 🙂 pendant lesquelles la marche n’est plus vraiment droite ou les phrases ne sont plus forcément cohérentes, mais pas de gros délires. Pour ma part, au bout de la 3ème nuit, je voyais juste plus de choses bouger par terre, des rochers ou des feuilles qui formaient des animaux. Tout allait très vite dans la tête.

J’avais constamment aussi la sensation d’oublier quelqu’un quand on repartait d’une balise (« bah oui on est 4 mais où est le dernier ??« ). Enfin, le dernier jour (c’est surement parce qu’on était marqué physiquement), je trouvais que l’on ne ressemblait plus à ce qu’on était au départ : Yannick n’avait plus vraiment la tête de Yannick mais d’une autre personne « similaire », je n’arriverai pas à expliquer plus que ça ! Judi quant à lui ressemblait plus à Benoit, un autre camarade de course. C’est peut être l’effet « emmitouflé dans la goretex » que faisait ça !

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L’alimentation et hydratation

Aucun souci dans l’équipe, tout le monde était assez lucide pour s’alimenter correctement, et nous avions correctement testé ce que nous mangions. Comme les sections étaient dévoilées à l’avance, nous avions eu le temps de préparer nos estimations de temps de course, et donc de calories. Nous avions fait un petit sachet ZIP avec toutes la nourriture pour chaque section en prenant soin de vérifier le nombre de calories. Nous étions partis sur 5000 calories jour, ce qui est bien trop au final ! Pour ma part, ayant peu de réserve, je mangeais énormément, dans ce cas il faut penser à varier les plaisirs pour ne pas être écoeuré.

Les lyophilisés

Nous en profitons pour remercier MX3, notre partenaire pour les lyophilisés ! J’étais plus « pastas », j’ai du manger 80% de pâtes bolo ou carbonora. Les autres avaient aussi des lyophilisés type crème dessert, muesli, plats atypiques (yannick nous a sorti un aligot). Comme on a rarement de l’eau chaude, on les a mangé froid : c’est juste plus long à gonfler !

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J’ai aussi testé la boisson des plus expérimentés du groupe : le delical. Très bon et facile à boire, mais et en prenant soin de ne pas les manger trop vite pour ne pas avoir une charge trop importante de calories d’un seul coup !

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Nous n’avions pas de pression de course. Donc quand nous avions besoin d’eau, nous prenions le temps de la chercher. Nous avons rarement eu besoin de mettre des pastilles dans l’eau, nous l’avons fait seulement le premier jour.

Quand nous avions besoin de manger, nous prenions le temps de préparer un lyophilisé, de glaner quelques fraises des bois ou chiper des oranges dans un jardin ! On a même acheté des glaces deux fois, ainsi qu’une pizza en plein milieu de la nuit ! On mangeait « efficace » mais aussi « plaisir » : beaucoup de choses qui font du bien au corps et au coeur (des snickers, des bonbons, des gâteaux apéros, des graines) ! Yannick est le roi pour ça avec ses lyophilisés à la tartiflette ou sa viande séchée sortie de nulle part le 4è jour ! Le mec il aurait pu nous sortir une barbe à papa de son sac que cela ne m’aurait pas choqué ! (« tu l’as eu où ta barbe à papa toi ?« )

Eclairage

Aucun souci non plus avec l’éclairage, nous avions même prévu trop. Sur ce type de raid, il n’est pas nécessaire d’être en plein phare pendant 5 jours. Sur nos têtes, nous avions des lampes stoots, et sur le vélo des k-lamp. Nous avons eu besoin d’une seule batterie stoots (une et demi pour moi) et une seule batterie k-lamp ! Magique l’autonomie de ces lampes.

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Retour à la réalité !

Bizarrement, dormir n’est pas le premier truc que l’on fait ! On était épuisé mais pas au point de s’écrouler sur place ! On a mangé une pizza énorme et bu une bière locale. La première nuit, j’étais encore sur les nerfs ! C’est après 4 ou 5 jours que j’ai ressenti le besoin d’aller me coucher tôt le soir (je me suis endormi devant l’épisode 3 S8 de GAMES OF TRONES les gars). N’ayant pas eu de souci d’alimentation et ayant beaucoup mangé, je n’ai pas perdu de kilos pendant la course, une chance.

Content d’arriver, content de retrouver ses proches, content d’avoir réalisé son objectif. Mais difficile de redescendre. On s’envoie une sacrée charge pendant une semaine, et le retour à la réalité (boulot, magasin, voiture) prendra certainement un peu de temps. Je pourrais vous en dire plus dans quelques jours quand j’éditerai ce billet !

Photos de course

Les cartes

Vous connaissez ma passion pour les cartes ! Et bien on a eu de quoi faire ! Tout était tracé sur carte au 1/25.000ème. On peut trouver ça facile par rapport aux cartes au 1/50.000 ème mais il faut rester très vigilants, il y a beaucoup d’infos sur ces cartes et il faut savoir lire la bonne. De plus les organisateurs avaient bien verrouillés les circuits, en traçant de nombreuses routes interdites. Gare à l’arbitre si il prend notre point GPS en dehors des zones autorisées !!

La vidéo de l’aventure

On était d’accord avec les copains. On tenait absolument à être full race (c’est à dire finir la course sans être shunté aux portes horaires) mais aussi à filmer l’aventure. Nous nous sommes dits que ça serait bien de montrer ce qu’était notre sport, en embarquant une caméra ! J’ai donc pris le temps de faire quelques plans fixes ou en accrochant la caméra sur moi.

*ARWS : aventure race world séries.

3 Commentaires

  1. Bravo Jeremy. Formidable aventure que tu as vécu et très bien racontée. Le corps, et l’esprit s’adapte à toutes les circonstances. Pour une première expérience cela me semble bien réussi.

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